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Le 21 janvier 2026, France Inter consacre une journée aux écrans… Alors que l’exposition parfois excessive aux écrans des enfants et des ados suscite des inquiétudes grandissantes, voici ce qu’en dit la science en l’état actuel de la recherche.

Selon la dernière enquête de Santé Publique France, les enfants de 3 à 5 ans passaient en moyenne 1h22 par jour devant les écrans en 2022, ceux de 6 à 8 ans 1h53 et ceux de 9 à 11 ans 2h33. Une consommation excessive a des conséquences directes sur notre santé : risques accrus d’obésité, de diabète de type 2, d’affections cardio-vasculaires. Car on bouge moins, le réflexe n’est plus là : les cardiologues l’ont bien identifié dans plusieurs études.

Il y a aussi les troubles du sommeil, puisque la lumière bleue des écrans bloque la libération de la mélatonine, l’hormone du sommeil, et stimule l’éveil.

Si l’on regarde la consommation excessive d’écrans chez les tout-petits, là aussi, les préoccupations sont très grandes : retards de la parole, du langage, troubles de l’interaction, de l’attention et retards sur le plan psychomoteur. Signalons aussi les problèmes de vision. Les chercheurs constatent en effet une augmentation des problèmes de vue, notamment la myopie.

Voici une sélection de quelques émissions qui nous paraissent d’actualité en lien avec nos quotidiens :

Comment encourager les enfants à réduire leur temps d’écran quand les adultes eux-mêmes ne parviennent pas à se détacher de leur téléphone portable ? D’après le dernier baromètre du numérique, 55 % des internautes déclarent ne pas pouvoir s’en passer. Alors, à qui la faute ?

Dans les foyers, l’omniprésence des smartphones, devant la télévision, sur le canapé ou autour de la table, inquiète de nombreux parents. Limitation du temps d’écran, encouragement à la lecture ou contrôle parental : beaucoup tentent de freiner l’addiction de leurs enfants.

Mais les adultes ne sont-ils pas, eux aussi, responsables de cette dépendance ? Donnent-ils réellement l’exemple ?

Absorbés par les vidéos des réseaux sociaux, nous avons tous déjà passé une soirée le téléphone à la main, seul devant la télévision, et parfois même en présence de nos enfants. Tandis que les écoles et les collèges instaurent des « pauses numériques » pour inciter les jeunes à se reconnecter au monde réel, n’est-il pas temps pour les parents d’expérimenter, eux aussi, une journée sans écran ?

Se libérer de cette dépendance aux écrans pourrait permettre de retisser des liens sociaux et familiaux. Mais comment s’y prendre ? Quelles solutions sont à notre portée ?

Avec Serge Tisseron, psychiatre et psychanalyste et Virginie Sassoon, docteur en sciences de l’information et de la communication.

Quand il a écrit « La civilisation du poisson rouge » il y a six ans (il est aujourd’hui adapté en BD), Bruno Patino ne pensait pas uniquement à une génération. « Nous sommes tous concernés par ça. Évidemment, les plus jeunes sont les plus fragiles, mais en réalité, oui, ce que j’écrivais à l’époque est toujours vrai : ces écrans, mais surtout la connexion permanente, mettent en place des mécanismes qui sont faits pour nous rendre dépendants. »

Les réseaux sociaux sont conçus pour être irrésistibles, exploitant la libération de dopamine pour créer une dépendance. Les algorithmes, loin d’être neutres, privilégient le contenu qui suscite des réactions, pouvant mener à des contenus inappropriés, particulièrement chez les jeunes. Cette mécanique économique, où l’utilisateur devient le produit, rend la déconnexion particulièrement difficile. L’addiction, ou usage problématique, se caractérise par une difficulté à s’en passer, l’angoisse en l’absence de connexion, et une augmentation progressive du temps d’écran. Comprendre ces mécanismes est essentiel pour reprendre le contrôle. Pour Sylvie Chokron, neuropsychologue : « Ce sont des sucreries, des friandises,  parce que tout simplement ils ont été conçus pour être irrésistibles, donc à chaque fois qu’on va aller sur un réseau, on va y trouver ce qu’on cherche. »

Quelques conseils pour les parents

Sylvie Dieu Osika, pédiatre, nous donne quatre règles à respecter : « Pas d’écran dans la chambre, et ça vaut pour tout le monde, donc là les parents aussi doivent se poser la question du modèle, parce que les enfants font ce que font leurs parents et pas seulement ce qu’ils disent. Et puis c’est trois temps sans écran : idéalement pas le matin, pour avoir une concentration pleine et entière en arrivant à l’école notamment, pas pendant les repas, je rappelle qu’on mange quatre fois par jour. Avec les enfants, notamment le week-end, ça doit être un moment d’échange. Il ne faut pas que la télévision soit allumée en arrière-plan, qu’on croit insignifiante, notamment pour le petit. Et dernier point, préservant encore le sommeil, pas une heure avant de dormir, c’est idéal pour pouvoir s’endormir sereinement. »

Pour aller plus loin avec les bébés, voici également un article sur le site des 1000 premiers jours : Limiter les écrans pour bébés